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Jean Walk, dit Lulu, l'artiste sourcier de la commune

« Un sourcier est une personne qui prétend pouvoir détecter de l'eau souterraine au moyen d'une baguette de bois (souvent une branche fourchue de noisetier), une activité nommée sourcellerie. »

Jean Walk, dit Lulu, l'artiste sourcier de la commune

« Un sourcier est une personne qui prétend pouvoir détecter de l'eau souterraine au moyen d'une baguette de bois (souvent une branche fourchue de noisetier), une activité nommée sourcellerie. »

Autrefois, chaque village avait son sourcier et chaque ferme son puits. Il faut remonter aux années 1950 pour voir arriver l'eau courante dans toutes les maisons. Même si ce métier de sourcier n'a jamais été prouvé scientifiquement, il a rendu bien des services à ceux qui y croyaient... Plusieurs décennies durant, Jean Walk, surnommé Lulu, a été le sourcier des habitants de Vantoux.

Longtemps, pour arroser les fleurs et nettoyer les tombes du cimetière situé à la sortie de la commune, les Vantousiens étaient obligés de descendre chercher de l'eau, un arrosoir à la main, dans le ruisseau qui serpente en contrebas du cimetière. Dans les années 70, à la demande de la municipalité, Lulu est intervenu avec ses bâtons et a trouvé une source dans le cimetière, proche de l'entrée. Grâce à son intervention, une pompe a ainsi pu être installée.

Quelques anciens du village se rappellent : « Les deux avant-bras tendus devant lui, les paumes tournées vers le ciel, Lulu avançait lentement, ses deux baguettes de saule à la main. Lorsqu'elles se mettaient à vibrer, à se croiser puis à piquer vers le sol, cela annonçait la présence d'une source souterraine à cet endroit précis. »

Parallèlement à ce don, Lulu était également rebouteux et coupeur de feu. Cela lui permettait de guérir les brûlures et d'ôter ou d'apaiser la douleur causée.

Beaucoup de villageois ont fait appel à lui pour corriger, grâce à ses procédés empiriques, de petits bobos ou même soigner des entorses, foulures ou de petites fractures. Bernard, un ancien du village, se rappelle avoir fait appel à ses dons pour remettre sur pied sa fille qui s'était tordu la cheville dans son jardin. Pascal, qui jouait au football dans le club local, avait des douleurs récurrentes au dos après chaque match. Il faisait régulièrement appel à lui et repartait en pleine forme. Certains disaient : « Chez le Lulu, on rentre tout courbé et on sort tout droit ! »

Lulu avait émis le souhait de partager son don à sa fille aînée, Jocelyne. « Lors de mon initiation, le bâton de sourcier dans les mains, j'ai eu une drôle de sensation, comme un courant électrique qui me traversait... J'ai paniqué et je n'ai plus jamais recommencé. »

Pour lui rendre hommage, et en souvenir de ses nombreux services rendus pendant plus de cinquante ans, une plaque émaillée sera prochainement apposée sur un mur du cimetière, proche de « sa fontaine ».

Dernière mise à jour : 16/04/2026

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